Quelques principes du jardin en permaculture

Par Richard Protin

La permaculture a vu le jour dans les années 70, au départ appelée agriculture permanente. La permaculture est trop souvent résumée à la seule notion de culture sur buttes et en carrés qui, il est vrai, est très emblématique de cette pratique.

La permaculture vise à utiliser toutes les ressources naturelles mises à la disposition du jardinier amateur afin de favoriser le développement d’écosystèmes à la fois autonomes et pérennes ; grâce au recyclage des déchets, à une bonne gestion de l’eau et à une utilisation judicieuse de l’énergie solaire inépuisable, naturelle et gratuite.

Jardiner en suivant les préceptes de la permaculture, profiter de son jardin et l’exploiter en imitant la nature n’est pas tout simplement une démarche intelligente relevant du simple bon sens ?

Dans leur grande majorité, ces façons de procéder relèvent :

  • De la suppression totale des traitements toxico-chimiques,
  • la systématisation de la lutte contre le gaspillage :
  • des ressources énergétiques
  • et de la consommation de l’eau,
  • le recyclage sous forme de compostage

Plutôt que de faire appel à des produits phytosanitaires très coûteux, totalement contre-productifs à moyen et long terme et extrêmement dangereux pour l’environnement, les cultures, et la santé, le permaculteur a l’intelligence de se servir de tout ce qu’il a sous la main et de valoriser tout ce dont il dispose, souvent gratuitement puisque fourni par la nature environnante.

A priori, donc, rien n’est rejeté. Tout est évolutif aussi: la vocation d’un jardin mené en permaculture n’est pas d’être statique, bien au contraire ! Il se doit d’évoluer en même temps que le jardinier qui apprend, observe, découvre, réoriente, teste .

En tout état de cause, pour le permaculteur, c’est bien la nature qui est source d’idées et d’inspiration.

Un jardinier utilisant les principes de la permaculture produit sans endommager la terre, voire en augmentant ses qualités. Il va réduire considérablement son impact sur la planète, car une grande quantité d’énergie sera économisée sur les postes transports, marketing, d’où l’importance de consommer local. Avant même de penser Bio qui peut être énergivore si les produits proviennent de l’étranger ou en serre.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Travailler son jardin nourricier en permaculture, c’est avant tout adopter de nouvelles habitudes de jardinage. Des habitudes qui ont le mérite d’être à la fois durables, très économes en énergie, pourtant très productives, le tout, (cerise sur le gâteau !) en travaillant les sols a minima et donc, en limitant sa charge de travail, ses efforts et sa fatigue.

L’idée générale est d’arriver à établir un milieu optimisé dans lequel la parcelle cultivée parviendra à s’auto-entretenir naturellement.

Voici quatre règles de base pour réussir en permaculture:

  • N°1 ne pas laisser le sol nu c’est le moment de penser aux paillis Ce qui évite les effets négatifs sécheresse, humidité ou fraîcheur trop importante, chaleur excessive, avantage supplémentaire cette couverture organique (paille) ou autres, du sol permet de limiter la croissance et la prolifération de végétaux indésirables.
  • N°2 Minimiser le travail du sol L’une des corvées les plus harassantes passe aux oubliettes : le bêchage, l’inconvénient est qu’il mélange les différentes couches de terre et favorise l’apparition des mauvaises herbes en faisant remonter en surface leurs graines. Deuxième avantage soulage votre dos.
  • N°3 Faire la chasse au gaspillage, Privilégier le recyclage, compost, récupération de l’eau de pluie, ne pas semer trop épais Un paquet de graines peu durer plusieurs années et faire ses graines en laissant monter un pied en graines dans un coin du potager mais pas avec des graines F1
  • N°4 Rotation des cultures La rotation des cultures est une bonne pratique à la fois respectueuse du sol et des végétaux. Il s’agit d’ailleurs d’un principe de base pour tout jardinier respectueux de la nature et des cultures. Pour le jardin ne pas oublier en aide mémoire de noter ou de dessiner vos plantations.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

En permaculture, les surfaces cultivées sont délimitées de façon à éviter de piétiner le sol. Emblématique de la permaculture la culture sur buttes peut alors devenir systématique. Celles-ci mesurent généralement 1.20m de large, si adossées à un mur ou une clôture ne pas dépasser 75cm et jusqu’à 50cm de haut, elles sont séparées les unes des autres par des allées pour passage d’une brouette,

  • favoriser un bon drainage,
  • limiter les déperditions d’eau,
  • favoriser un bon développement racinaire,
  • restreindre le recours aux machines…

Autres type de culture sur buttes très particulier, le lasagne hauteur des couches 50 à 60cm en couches alternées marron, vert, et pour finir une couche de terreau avant plantation. Puis au bout de quatre semaines environ la butte doit atteindre 25 à 30cm, elle est alors idéale pour procéder en fonction des périodes de l’année à la plantation.

Différents types de buttes : La butte Money ; La butte Hugelkultur.

La permaculture n’est pas qu’une affaire de jardinage

C’est essentiellement la conduite du jardin qui nous intéresse ici. Mais, au-delà du jardinage et fidèle à ses préoccupations premières, la permaculture s’intéresse à tout ce qui nous préoccupe, de notre lieu d’habitation à notre manière de nous nourrir de nous vêtir, et même de nous soigner.

Bonne lecture et merci PROTIN Richard